Valeria Bruni-Tedeschi

Née le à Turin, est une actrice, scénariste et réalisatrice franco-italienne.

Elle a notamment reçu le César du meilleur espoir féminin en 1994 pour Les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel.

Biographie

Famille

Valeria Bruni Tedeschi est la petite-fille de Virginio Bruni Tedeschi, fondateur dans les années 1920, à Turin, de la CEAT (Cavi Elettrici e Affini Torino), très vite hissée au second rang des constructeurs de pneumatiques de la Péninsule. Virginio Bruni Tedeschi, juif italien, se convertit pendant la Seconde Guerre mondiale et épouse une catholique, quittant ainsi la communauté juive de Turin.

Valeria est la fille du compositeur d'opéra Alberto Bruni Tedeschi et de Marisa Borini, actrice et pianiste concertiste italienne, ainsi que la sœur de Virginio Bruni-Tedeschi, marin et photographe, mort à Paris le des suites du sida, et de Carla Bruni (elle est ainsi la belle-sœur de Nicolas Sarkozy).

Jeunesse

En 1973, alors qu'elle a neuf ans, sa famille quitte l'Italie pour la France par peur des enlèvements par les Brigades rouges. Continuant ses études au lycée italien Leonardo da Vinci, elle suit les cours de théâtre de Jean Darnel au théâtre de l’Atelier, ainsi que ceux de Blanche Salant au Centre américain et après un an d'hypokhâgne, elle fréquente le cours de théâtre à l'École des Amandiers de Nanterre, de Pierre Romans et Patrice Chéreau avec Agnès Jaoui, Vincent Pérez, Marianne Denicourt, Bernard Nissille.   --------------------------->Suite Wikipédia


                                                                

Les Amandiers” : Valeria Bruni Tedeschi nous fait revivre sa jeunesse avec passion

Aspirants comédiens, ils brûlent les planches, et leur vie. L’actrice-cinéaste fait revivre la passion de ses années de formation aux Amandiers. Électrisant.

Un vent de folie souffle, dès les premiers instants, sur le cinquième long métrage de Valeria Bruni Tedeschi. Les auditions du concours d’entrée à l’école du théâtre des Amandiers de Nanterre ressemblent à de la voltige sans filet. Les candidats, très jeunes, jouent leur vie, jettent leurs tripes sur la scène, ne parviennent plus à laisser la place ni à sortir de leur transe. Ils donnent tout, sans doute trop. Les membres du jury semblent hésiter entre amusement et admiration, peut-être davantage. La poignée d’élus (parmi lesquels Vincent Perez, Marianne Denicourt, Agnès Jaoui, Eva Ionesco, aux noms ici effacés) se souviendra toujours de ces moments, qui les mèneront, en quelques saisons, de l’Actors Studio new-yorkais au festival d’Avignon.

L’actrice-réalisatrice romance une période de sa vie – elle a fait partie des candidats retenus –, une époque, la seconde moitié des années 80, mais aussi un moment de l’histoire du spectacle vivant, quand les Amandiers suscitait un désir infini chez tous les aspirants comédiens. Combien ont fondu en larmes en découvrant leur absence sur la liste ? Patrice Chéreau (mort en 2013) dirigeait le théâtre, et Pierre Romans (mort en 1990), l’école. Le premier, adoré tel un dieu par une grande partie du monde culturel, faisait beaucoup pour le rayonnement du lieu ; le second était le mentor bien-aimé de ses étudiants. Le film réussit à les évoquer sans forcer sur la ressemblance physique. Louis Garrel joue un Chéreau au sommet de son charisme autoritaire – mais aussi facétieux –, et Micha Lescot un Pierre Romans blessé, d’une sensibilité irrésistible. Aucun n’est pourtant idéalisé par la cinéaste : l’un se montre scandaleusement entreprenant avec l’un des élèves acteurs, l’autre sombre déjà dans ses addictions à la drogue.

Transmettre l’élan

L’intensité du film, de sa mise en scène vient de ce temps-là, mais aussi d’un peu moins loin, du cinéma des années 90, quand Valeria Bruni Tedeschi apparaissait avec fracas sur les écrans, notamment dans Oublie-moi (1994), de Noémie Lvovsky. Laquelle est aujourd’hui coscénariste des Amandiers. Il y a une continuité organique entre des films comme La vie ne me fait pas peur (Lvovsky, 1999), sur le lien viscéral de quelques copines adolescentes, et la manière dont Bruni Tedeschi restitue ses amitiés sauvages à l’école de Nanterre : la fille riche (électrisante Nadia Tereszkiewicz), domiciliée dans un immense hôtel particulier du cœur de Paris, s’encanaillait alors avec un monde nettement plus populaire et gouailleur que le sien. À une époque où le sida, encore mal connu et mal soigné, planait comme une ombre noire au-dessus de la frénésie sexuelle.

Entre les temps forts d’une exultation collective, Les Amandiers raconte, par ailleurs, une brûlure de jeunesse intime, un grand amour qui devient une tragédie. La finitude humaine se manifeste soudain parmi ces demi-dieux en pleine ivresse de leur talent et de leur avenir. On voit alors, à la fois dans la fiction et du fait même de l’existence de ce beau film, combien le jeu transmue les douleurs. Et peut redevenir une passion joyeuse, en plus de la consolation espérée. En ce sens, Valeria Bruni Tedeschi dépasse, cette fois, l’autobiographie. Même si elle filme souvent son double juvénile comme un trésor vivant, elle regarde bien au-delà de sa propre trajectoire, et communique une impulsion à une nouvelle génération – à commencer par ses jeunes interprètes, tous captivants. En même temps qu’elle revisite le passé, elle transmet un élan.

Synopsis

Nanterre, théâtre des Amandiers, fin des années 1980. De jeunes adultes s'apprêtent à affronter le concours d'entrée, un passeport pour la gloire.

Documentaire sur le film "Les Amandiers"
par Karine Silla Perez et Stéphane Millon

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LE FACE-À-FACE CRITIQUE


LES AMANDIERS
de Valeria Bruni-Tedeschi



26 novembre 2022
L'Affaire Sofiane Bennacer

C’est une affaire qui plonge la profession dans l’embarras. A l’affiche du film Les Amandiers, réalisé par Valeria Bruni Tedeschi, l’acteur Sofiane Bennacer, 25 ans, fait l’objet de trois mises en examen, deux pour viol sur des anciennes compagnes et une pour violence sur conjoint, comme l’ont révélé Le Parisien et Libération. Dans un long message posté sur Instagram, il clame son innocence : « La présomption d’innocence existe-t-elle encore ? Ou sommes-nous dans un Etat de non-droit, un Etat où la simple accusation sans fondement peut détruire une vie ? »