Carmen


de Carlos Saura

 

 Drame (1h42) - 1983 - Espagne
Réalisé par
Carlos Saura

avec Laura del Sol, Cristina Hoyos, Antonio Gades
TTT
Très Bien

Un chorégraphe espagnol veut mettre en scène Carmen. Il rencontre une danseuse de flamenco dont il tombe éperdument amoureux, et l’impose comme vedette de son spectacle…

Tout en se démarquant des œuvres de Mérimée et de Bizet — qu’il n’utilise qu’en toile de fond de son film —, Saura s’est attaché à la flamboyante ­personnalité de leur héroïne, à laquelle il ­restitue toute sa moderne insolence. Libre, passionnée, se moquant des conventions, Carmen était un formidable symbole pour la population espagnole, qui, en 1983, redécouvrait à peine le sens de la démocratie.

Mais Carmen peut aussi se lire comme un vibrant hommage à la création artistique, par le biais du flamenco. Car Saura filme tout, même les regards fatigués des interprètes après l’effort, les pieds endoloris ou les visages tendus. Sa mise en scène épouse chaque pas de la chorégraphie, se fait virevoltante et endiablée lors des mouvements de foule, ou d’une admirable discrétion, comme subjuguée, lors des exécutions virtuoses d’Antonio Gades. Si la vie et le spectacle ne devraient jamais se confondre, il semble peu à peu difficile de les distinguer, à l’image des danseurs contraints de partager leur identité avec leur reflet dans le miroir, ou leur ombre chinoise sur un mur. Chez Saura, le flamenco devient alors véritable expression de la vie : le rythme obsédant des talons exacerbe les passions et la haine, quand la cambrure du dos et le port hautain de la tête suffisent à révéler l’érotisme des corps.

Synopsis

Antonio, chorégraphe espagnol, doit monter un ballet sur la musique de "Carmen", le fameux opéra de Bizet. Il lui manque une interprète pour le rôle principal. Après de nombreuses recherches, il découvre enfin l'oiseau rare qui, comble de chance, s'appelle vraiment Carmen. Antonio s'enthousiasme et la convoque pour un essai qui s'avère concluant. Son choix provoque des tensions, et notamment la jalousie de Cristina, considérée comme la meilleure danseuse de la troupe. Peu à peu, les répétitions s'intensifient tandis que s'ébauche une histoire d'amour entre Carmen et Antonio, complètement envoûté par la jeune femme...



mettre en plein écran
double-clic sur l'image ou icône en bas à droite de l'image